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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 07:52

Bonjour, je viens de lire votre dossier sur ConcordeX de Flight Sim Labs. Si ce dossier est très complet, en revanche, les auteurs ont semble-t-il une connaissance très limitée de cet avion. Page 29 : «… rentrez le nez en premier puis le train, et passez en mode pilote automatique….. ». Cette façon de procéder est totalement erronée : le train était rentré à 500 ft AGL (Above Ground Level) mini, puis, une fois verrouillé il fallait passer le levier sur la position neutre pour stopper les pompes sans quoi la pression hydraulique était insuffisante pour faire remonter le nez et la visière. Le passage en pilote automatique se faisait juste avant de lancer l’accélération transsonique (soit à 26 000 ft et 400 nœuds). Page 30 je lis : « …On conserve une vitesse de 250 nœuds jusqu’à l’altitude de transition de 26 000 pieds… ». Primo Concorde conservait une vitesse de 250 nœuds jusqu’à 10 000 pieds (avec British Airways seulement, car Air France autorisait 280 nœuds sous 10 000 pieds). Secundo l’altitude de transition n’est pas de 26 000 pieds, mais dépend de l’aéroport de départ (4 000 pour CDG, 18 000 pieds pour le territoire nord-américain.). 26 000 pieds étant l’altitude de croisière subsonique de Concorde à laquelle il volait à VMO (Vitesse Maximale Opérationnelle) soit 400 nœuds.

Je me permet ces remarques pour avoir travaillé durant 30 ans au laboratoire central de l’Aérospatiale en particulier de 1969 à 1972 sur Concorde, puis sur le projet avorté de navette spatiale européenne Hermès. J’entretiens des relations privilégiées avec d’anciens personnels navigant technique ayant volés sur Concorde et connais assez bien cet appareil.

Cordialement,

 

Pierre Chassang

 

Votre message appelle quelques remarques. En premier lieu, vous touchez juste : aucun des membres de la rédaction de Micro Simulateur n’a piloté le vrai Concorde. Seule une poignée de professionnels a pu tenir le manche de ce modèle mythique, il n’est nullement question dans nos pages d’apprendre à qui que ce soit comment se dirigeait l’avion réel. Cela n’empêche pas les auteurs qui participent à Micro Sim de posséder une très bonne culture de l’aviation, et certains étant eux-mêmes des professionnels du secteur qui mettent leur expérience au service des lecteurs.

Deuxième point : les valeurs indiquées dans l’article… Comme nos auteurs n’ont pas piloté le vrai Concorde (à l'instar de l'écrasante majorité des utilisateurs de simulation), ils ont fait ce que devrait faire tout bon simmer qui se respecte : ils ont suivi les recommandations du manuel fourni avec le Concorde-X. Cette documentation très complète pour découvrir les fonctions de l’add-on explique toutes les manœuvres étape par étape, les vitesses, les altitudes, les régimes de moteurs… De votre point de vue, notre seule erreur pourrait donc être de n’avoir pas pointé les différences entre le vol réel et celui proposé par le simulateur. Dont acte.

Cela amène une précision importante : Micro Simulateur traite avant tout de simulation, pas d’aviation réelle – même si nous faisons souvent le lien entre les deux mondes. Concrètement, les développeurs d’extensions ne peuvent reproduire parfaitement le comportement d’un modèle de vol et le fonctionnement de tous les systèmes embarqués. Tout simplement parce que le logiciel de simulation (FS X en l’occurrence) n’est pas prévu pour tout intégrer. Faire voler virtuellement un Cessna 172, un Boeing 747, un planeur Discuss et un Concorde au sein du même logiciel impose des compromis à tous les niveaux : variables prises en compte dans les calculs, simplifications graphiques, effets météorologiques… C’est aussi pour cela que nous précisions dans l’article (page 25, vous pouvez vérifier) que le Concorde de FS Labs aurait peut-être été mieux traité dans un logiciel entièrement dédié, et pas comme une simple extension à FS qui impose trop de limitations. Notre travail pour les tests d'extensions consiste avant tout à vérifier si le comportement d'un logiciel est cohérent et pertinent, même si des différences peuvent persister entre la déclinaison virtuelle et l'avion réel pour certaines valeurs ponctuelles.

Les libertés prises avec la réalité du vol en vrai Concorde portent-elles pour autant atteinte au plaisir de la pratique de la simulation à bord du Concorde ? A notre avis, pas du tout. Même si cet add-on s’adresse à un public d’utilisateurs avertis, il n’a jamais eu la prétention d’être un outil de formation et de rivaliser avec un matériel conçu pour des professionnels – ne serait que parce que le simmer se retrouve seul devant son écran, et qu’il doit jongler en quelques secondes entre la rentrée du train, l’élévation du nez de l’avion, la vérification des pressions, le suivi d’un cap à vitesse constante… Au même titre que toutes les extensions testées dans nos pages, ce Concorde a pour principal objectif que de permettre de rêver un peu, en s’approchant assez de la réalité pour reproduire avant tout une ambiance plus que des performances rigoureusement exactes. Et reconnaissons que dans cette optique, la mission de FS Labs est remplie. Néanmoins nous vous remercions de ces précisions techniques tirées de l’expérience réelle, qui permettront aux lecteurs férus de réalisme de s’approcher toujours plus du pilotage hardcore.

 

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Publié par Rédaction Microsim - dans Courrier lecteurs
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