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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 14:47

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Depuis la parution du premier numéro de Micro Simulateur, il y a vingt-deux ans (déjà !), les équipes successives ont toujours soutenu les vertus pédagogiques de la simulation. Cela peut sembler une évidence, dans la mesure où les premiers simulateurs de vol, dans les années 50, furent conçus pour enseigner les rudiments du pilotage aux aspirants de l’U.S. Air Force. Aujourd’hui encore il est bon de rappeler ce qui fait la différence fondamentale entre un simple jeu vidéo, qui ne sert qu’aux loisirs (sans connotation péjorative de notre part, c’est déjà beaucoup que de permettre de se distraire !) et la simulation dont les possibilités dépassent ce seul objectif. Evidemment, vue sous cet angle pédagogique, elle est une porte d’entrée vers une pratique réelle, qu’il s’agisse de piloter un avion, conduire une voiture de course, skipper un voilier… Disponible dès que l’on allume l’ordinateur, pour un coût dérisoire par rapport aux pratiques en réel, la simulation donne à un large public les moyens d’expérimenter des contextes variés.

Mais son intérêt ne se borne pas à assimiler le fonctionnement de machines spécialisées, d’équipements embarqués ou à reproduire les gestes du réel. En cette année riche en commémorations, nous avançons l’idée qu’elle est aussi un support de compréhension historique. Car en faisant revivre des matériels disparus, ou en reproduisant des situations du passé, elle permet de plonger dans l’action et d’envisager la réalité du terrain parfois mieux que par des témoignages d’époque. Nos articles du mois sur World War 2 Online et la bataille de la mer des Philippines illustrent l’idée que l’on peut dépasser le stade du jeu défouloir pour appréhender les événements marquants de l’histoire, presque comme un observateur à bord d’une machine à voyager dans le temps. Il n’est nullement question de remplacer les ouvrages spécialisés, encore moins les enseignants émérites, mais c’est un aspect de notre discipline qui mériterait d’être pris en compte par quelques historiens. Peut-être qu’un jour les universités y consacreront une chaire !

 

 

 

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Publié par Rédaction Microsim - dans Editos
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commentaires

Tanguy Endenmann 08/05/2014 22:47


Belle idée ! Vous rejoignez en ce sens celle que Laurent Henninger a présenté dans son article "Le wargame, machine à remonter le temps militaire", paru dans le magazine Guerres et Histoire
d'août 2012.

Emmanuel Blanchard 22/05/2014 16:15



Merci de cette précision !


Je ne connais pas personnellement monsieur Henninger, pourtant c'est justement lui qui m'a donné l'idée de cet éditorial - et d'une chronique à paraître dans notre numéro de juin. L'idée ne vient
même pas de notre excellent confrère "Guerre et Histoire" (qu'il m'arrive de lire) mais d'un magazine autrement plus ancien.C'était à la fin des années 80/début 90, le support en question
s'appellait Casus Belli (il existe toujorus mais a subi de nombreuses refontes depuis cette époque) et était sous-titré "le premier magazine des jeux de simulation". Pas question d'ordinateur à
cette période, mais des simulations sous la forme de jeux de rôles et wargames traditionnels avec cartes en papier, pions en carton et des livret de règles au format pavé ! Et à l'époque Laurent
Henninger écrivait déjà dans les pages de ce magazine, notamment des articles pointus sur la pertinence du wargame et son rapport avec l'histoire - voire avec les événements immédiats. OC'était
l'époque de la Première Guerre du Golfe, le magazine avait publié quelques articles sur "comment reproduire le conflit", et déjà quelques bonnes âmes de la "grande presse" s'étaient offusquées
qu'un magazine de jeux s'attaque à un sujet aussi sérieux.


Las, plus de vingt ans après le débat n'a pas changé, simplement l'écran d'ordinateur a remplacé la carte recouvrant la table du salon. Le débat reste ouvert - et c'est ce qui a motivé
l'éditorial. En quoi les wwargamers d'hier et les simmers d'aujourd'hui seraient considérés de haut par quelques journaliste auto-proclamés spécialistes ? Notez bien que je ne jette pas
l'opprobre sur toute une profession dont je fais partie ! La plupart des intervenants de la "grande presse" sont compétents et sérieux dans leur travail. Il faut néanmoins considérer que les
utilisateurs de simulation sont aussi des personnes sérieuses, dosumentées et connaissant parfaitement l'histoire et/ou les technologies mises en oeuvre sur un champ de bataille. Et elles
pourraient donner bien des leçons à des journalistes pro (je me souviens de l'offenssive américaine en Irak en 2003 et ce commentaire de Guillaume Durand sur Europe 1 : "les avions larguent des
bombes de 1 500 tonnes (sic) sur les bunkers irakiens". Le premier qui me montre une photo d'une bombe de 1 500 tonne ne gagne rien, c'est un fake !).


Il n'est pas question au travers de cet éditorial de juin de créer une polémique, ni de dénoncer qui que ce soit - la langue du journaliste incriminé plus haut aura sans doute fourché...
L'ambition est juste de faire reconnaître notre passion comme une discipline honorable, pratiquée par des utilisateurs responsables et curieux d'apprendre, à mille lieues des joueurs décérébrés
pour lesquels certains aimeraient nous faire passer !